Sunday, March 13, 2011

Step 9: Run!

I don't want to take what you can't give
I would rather starve than eat your bread
I would rather run but I can't walk
Guess I'll lie alone just like before
Pearl Jam


Depuis aussi longtemps que je me souviens, je cours. Forrest Gump, vous vous souvenez? Quand j'étais petit, Forrest c'était moi. À 5 ans, quand les petits gars commencent à faire du vélo, ma soeur a eu un véol de grande personne. Elle me léguait donc son superbe vélo rose avec le siège et le guidon blancs. Je crois même qu'il y avait des espèces de franges qui pendaient de chaque côté des poignées. Clairement, si j'embarquais sur ce vélo et que j'y apprenais à faire de la bicyclette, j'étais pour sucer des graines pour le reste de ma vie. (Not that there's anything wrong with that!) Mes parents, fâchés que leur plus jeune levait le nez sur un vélo presque neuf avait pris l'excellente (excellente est l'ultime qualificatif du cynisme) décision de ne pas m'acheter de vélo tant que je n'apprenais pas à en faire sur le vélo de ma soeur.

Résultats? Décisions imbéciles des parents, comportements d'imbéciles de l'enfant. Jusqu'en 5e année du primaire, je ne faisais pas de vélo, je courais. J'allais chez mon ami Fred, j'y courais. J'allais chez mon ami Maxime qui habitait dans une autre ville (à Rock Forest) j'y courais. Je courais partout. Le pire? Quand mes amis s'appelaient pour aller faire du bike (Fais du bike en 1993 consistait à rester dans à peu près dans la même rue et faire des ronds dans la cour d'une maison qu'on ne connaît pas et avoir l'air qu'on ferait peut-être des mauvais coups... des mauvais coups, c'était encore cool en 1993. Note: En 1998, aller faire du bike signifiait aller boire comme des trous... inutile de vous dire que je ne faisais pas beaucoup de bike dans ce temps là non plus!) j'y allais avec eux... à pied! Pédibus! Imaginez l'enfant loser qui court au milieu de ces amis en vélo. Si vous réussissez à l'imaginer, vous m'imaginez moi il y a presque 20 ans!

Tout ça pour dire que je cours depuis que je marche. Quand je jouais au basket, j'ai rarement été le joueur le plus vite de mon équipe. Un mauvais dos, des genous toujours trop maganés et un derrière de la grosseur de deux petits frigos n'ont jamais aidé. Je finissais donc rarement dans les premiers dans les suicides et autres courses punitives que nos entraîneurs et autres tortionnaires nous obligeaient à faire. Mais lorsqu'en début de saison, on faisait de la course à l'extérieur pour se mettre en forme, là j'aimais ça! Parce que je pétais pas mal tout le monde... jusqu'à ce que mes genous lâchent... un problème récurrent. Bref.

Plus vieux, lors de mes premiers étés de liberté, à Montréal chez mon frère, j'étais finalement responsable de mon entraînements et je me souviens avec haine de ces exercises en salle qui, bien qu'ils me donnaient des épaules et des pecs, me laissaient froids. Par contre, je me souviens avec le sourire de mes courses dans le Parc Lafontaine, ben trop de bonne heure (on commençait à travailler à 8h et j'allais courir AVANT que mon frère se lève pour courir 30 minutes et faire une vingtaine de minutes de corde à sauter) les oiseaux, le soleil, les filles qui couraient dans leur short shorts.

Depuis que le basket est fini, je cours maintenant pour le plaisir et pour empêche la graviter d'attaquer mon ventre et mes derrières de bras. Cette année, je suis allé courir tôt en janvier. Un froid pas trop pire, une belle journée ensoleillée, de la neige, mais pas trop. Je me suis senti tout petit. L'air, pas si pur, on parle quand même de courir à Montréal, froid qui entre dans les narines et les poumons sans difficulté, la neige sous les souliers, le vent qui pousse contre nous, les jambes qui s'efforcent à chaque pas de faire avancer ce corps trop pesant. Surtout, la satisfaction à l'arrivée d'avoir fait quelque chose de bien, malgré l'augmentation de CO2 dans l'air. J'aime bien courir... jusqu'à ce que je me tanne... On en reparlera. Mais je m'inscris au demi-marathon Banque Scotia à la mi-avril... Who's in? Sam et moi allons le courir en l'honneur de Yanick qui est toujours quelque part en Malaysie maintenant. Alllllllllez!!!!

PVI, en 5e année, mon oncle est arrivé chez-moi par un 6 octobre pluvieux avec un nouveau vélo gris silver. Malgré le mauvais temps, malgré le fait que mon oncle et mon père m'avaient promis de me montrer et de m'aider pour commencer, malgré le fait que ma mère voulait que je porte un casque, j'ai enfourché le vélo et je suis parti, comme si je faisais depuis toujours...

Fuck you, pink bike!

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