Monday, November 29, 2010

Step 1: Move!

Show me what I'm looking for... Carolina Liar




Il y a de plus en plus longtemps, je suis déménagé dans l'objectif de recommencer ma vie et de ré-identifier ce que je veux dans celle-ci. De la fuite, peut-être, si vous voulez. Quand même, on ne déménage pas pour une 9e fois en 5 ans pour le plaisir. Ça prend un sérieux problème de stabilité et un espoir de trouver quelque chose de bien, ailleurs.

Alors depuis trois samedis, je suis dans un nouvel appartement dans le coeur et les poumons d'une ville que j'adore. Plus de voiture, plus grand chose d'autre non plus, j'essaie fort de me rendre heureux avec peu. Le pire, ça marche. Je suis bien, dans le silence et la musique de mon itunes qui doit s'user à force de jouer à longueur de journées.

Ceci dit, malgré mon bonheur presque parfait dans mon nouveau mison, en fin de semaine, j'ai quitté mon petit nid d'amour propre (en fait je l'ai prêté à mes parents qui ont pratiquement re-décoré l'espace au complet à coup de fleur et de nappes et de rideaux) et je suis monté à Québec.

À part la neige, qu'y a-t'il à voir à Québec? Eh bien il y a sans doute mon ami le plus génial (dans le sens de génie) et le plus créatif (dans le sens d'artistique) au monde. Sébastien, Pouf pour les intimes, et les intimes des intimes, est le genre de gars qui n'a pas confiance en lui mais qui gagne tous les prix de design de l'Amérique du Nord. Chicago, Toronto (canadien), Québec, c'est nord-américain ça, non?
Anyways, dans son métier, il rock! (prononcer: "y rahck!")

C'est probablement mon ami le plus philosophe et le plus dépressif. Tristement, quand on mêle alcohol, un coeur fucké depuis quelques mois et une remise en question complète de l'existence humaine, les résultats peuvent parfois être catastrophiques. C'est à ma surprise que j'ai trouvé un Pouf extraordinairement positif, enthousiaste et engagé quand je suis arrivé à Québec.

Drôle, de bonne humeur, la tête plein d'idées, il n'a pas manqué d'occasions de me remettre au visage que ce que je dis parfois ne tient pas debout. Mes culpabilités, mes idéologies, mes tentatives de sauver le monde, Pouf voit au travers de ça et bust mon derrière dès que je vais trop loin derrière le mur de l'incohérence. Baveux à souhait, il a une manière bien à lui de me remettre à ma place sans retenu. Il est capable de me lire, sans m'écouter. Aller à Québec le voir, c'est comme aller voir un grand sage, mi-trentaine, gêné, les cheveux tout croches, mais la conscience droite. Dans le fond, son problème, c'est qu'il est over-conscient. Il sait où il va mais il sait surtout quand il ne le sait plus et c'est là qu'il dérape. C'est parfois beau de voir ça, c'est parfois triste à voir aussi.

Mais bon, je reviens au fait qu'il était incroyablement positif ce week-end. Il a un petit bonhomme qui est tout aussi génial. Beau comme un ange, il parle un langage que je comprends fuck all  (il a 2 ans et demi, c'est normal, mais évidemment Pouf pense qu'il a un learning disorder) et il me regarde avec des grands yeux qui semblent dire, sans gêne: "t'es ben imbécile de pas me comprendre".

Enfin, Pouf et mini-Pouf et évidemment Julie, le troisième membre de ce trio qui sera bientôt un quatuor, c'était un spectacle à voir. La vie, ça peut être beau et ça a pas besoin d'être conventionnel. Ça a pas besoin d'être normal, d'être facile, d'être toujours heureux. Un rêve qui se ressemble, une admiration qui respecte les différences et les faiblesses de l'autre et de soi.

Ce week-end était un week-end de boys et pourtant, j'ai appris sur l'amour plus que je ne le croyais.

(Ceci dit, je ne vous compte pas le vendredi soir et le samedi soir au Pape George, un délice. Certaines choses doivent demeurer entre boys...)

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